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Marcel NIQUET (1889 - 1968) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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02-06-2008
Marcel NIQUET (1889 - 1968) - Peintre posien
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Marcel Niquet est né à Poses le 12 avril 1889, d’un père boulanger et d’une mère couturière. Il étudiera à l’école primaire du village tout en aidant son père aux travaux de la boulangerie. Sa passion pour le dessin apparaît très tôt, mais c’est sans doute la rencontre à POSES du peintre Paul SINIBALDI (1857-1909), fidèle exposant du Salon des Artistes Français, alors âgé de cinquante ans qui fut déterminante dans sa décision de consacrer sa vie à son art.

Une autre rencontre marquera sa jeune existence : à dix-huit ans il croise le peintre Léon SUZANNE à LERY ; celui-ci l’invitera à partager sa première exposition à ROUEN alors que NIQUET n’a que vingt ans. Cette première est saluée par le critique Georges Dubosc dans Le Journal de Rouen dans ces termes : " En même temps que M. Suzanne, un jeune artiste, M. Niquet, qui profite de ses conseils, montre quelques études qui témoignent de très heureux dons de peintre... Pommes... Neige à Poses complètent cette petite exposition d’un jeune dont les débuts méritent d’être signalés. "

Marcel Niquet effectue son service militaire dans l’Infanterie où, en dehors des corvées et des exercices, il continue à peindre. Libéré, il voyage plusieurs mois pour s’instruire et fait un séjour de quelques mois en Algérie, où il découvre la lumière de l’Afrique de Nord. Mais la guerre survient et il part pour le front. Il sera grièvement blessé à la jambe gauche le 25 septembre 1915. Il profite alors de sa convalescence pour exposer en décembre 1915, dans la galerie Legrip à Rouen, refuge de tous les artistes rouennais. La majeure partie de ses peintures honore le bord de Seine et le village de Poses, mais Niquet a ajouté pour cette exposition quelques croquis exécutés sur le front : poilus jouant aux cartes, écrivant ou lisant et s’est essayé à l’aquarelle.

Les remorqueurs, huile sur toile, 1933
Les remorqueurs, huile sur toile, 1933

Sa convalescence terminée il retourne au feu. En fin d’année 1916, il participe à une exposition de peintres Normands et Belges au Musée de Peinture de Rouen, de novembre 1916 à janvier 1917. Niquet est fait prisonnier et se retrouve interné en Allemagne. Il participe à la 9ème Exposition de la Société des Artistes Rouennais en avril-mai 1917. Après cette dure captivité c’est l’armistice. Il rejoint son foyer et reprend son travail avec acharnement. Il retrouve les siens, ses parents, sa sœur Evelyne photographe-portraitiste à Poses. Il expose au 10ème Salon des Artistes Rouennais en 1919.

Marcel Niquet est aussi passionné par la pêche (il a sa barque devant son domicile) et par la chasse. En novembre 1919, il fait sa première exposition particulière à la salle Legrip, s’installant ainsi parmi les artistes de renom. Pour briser son isolement et augmenter sa notoriété, il devient un fidèle exposant du Salon des Artistes Rouennais en 1920. En janvier 1921, pour l’ouverture à Rouen de la Galerie Moderne, beaucoup d’artistes normands, dont Marcel Niquet, répondent à l’appel.

En avril-mai, Marcel Niquet expose lors de la 39ème Exposition municipale des Beaux-Arts, organisée par la Ville, avec le concours de la Société des Artistes Rouennais. L’année suivante il est de retour à la Galerie Moderne en mars. En avril, il expose de nouveau avec le peintre havrais Launay puis rejoint le I2ème Salon des Artistes Rouennais avec quatre oeuvres. En 1924, son envoi au 15ème Salon de la Société des Artistes Rouennais est remarqué par Fernand Destin dans La Dépêche de Rouen et de Normandie, qui écrit à propos de Coteaux à Poses : "...cette dernière toile dont la silhouette sourde se réfléchit dans la Seine, redit l’effort tenace et sévère de cet excellent peintre proche de Dunet. "

Mais l’intérêt principal de ce Salon est surtout la rétrospective et l’hommage rendus à Léon Suzanne. , ce qui fait écrire à Marcel Niquet dans une lettre adressée à Madame Suzanne : "... J’ai vu la rétrospective de votre regretté mari, cela m’a causé une profonde émotion par l’amitié qui nous unissait et surtout le caractère de son grand talent si puissamment vrai dans sa simplicité, aussi ai-je été profondément touché de constater le juste hommage qui lui fut rendu en ce jour. "

Dans le jardin (le père de l’artiste) huile sur carton, 1925
Dans le jardin (le père de l’artiste) huile sur carton, 1925

Quatorze ans auparavant, le village avait connu les terribles inondations de 1910 et l’on pouvait lire dans Le Journal de Rouen du 30 janvier 1910 : "...Ainsi qu’on l’avait prévu l’eau a encore plus débordé hier sur nos quais. On a enregistré la hauteur de 10 m l8, soit 96 centimètres de plus que l’arête des quais..." Le même phénomène se reproduit en 1924 et le village de Poses est envahi par l’eau mais heureusement avec moins de gravité. Marcel Niquet envoie deux toiles de son village aux Indépendants. Il reste parisien lors du 1er Salon des Artistes Normands à la Galerie Simonson, rue Caumartin. Il voisine avec les meilleurs artistes rouennais : Couchaux, Dunet, Guilbert, Lebourg, son voisin Sautin, Texcier, Tirvert, Vaumousse...

En février 1925, on retrouve Niquet occupant les salles de la Galerie Moderne à Rouen. Plus synthétique, plus rude, robuste et solidement établie : telle est la peinture qu’offre le peintre à ses visiteurs. Il participe cette même année au Salon des Artistes Rouennais, au Salon des Andelys et au Salon d’été de la Galerie Moderne de Rouen.

Georges Dubosc, pour sa part, a noté dans Le Journal de Rouen du 6 août : " D’un coup d’œil rapide on y notera des envois d’une vive originalité. De Marcel Niquet qui s’affirme comme un paysagiste puissant avec des figures, une vue des Andelys et une étude très synthétique de boules de neige. " En mars 1927 il fait une importante exposition à la Galerie Moderne avec plus de cinquante toiles, les vues de Poses et Léry occupant la majeure partie des cimaises. Sa mère décède le 30 octobre 1927.

Il est présent au Salon des Artistes Indépendants à Paris en 1927 et 1928, reste fidèle au Salon des Artistes Rouennais de ces mêmes années et rejoint en juin 1928 la formation d’un groupe de peintres indépendants à la Galerie Moderne aux côtés de Sautin, Tirvert et Louvrier et participe au Salon des Artistes normands.

Le 12 mai 1929 Marcel Niquet est élu Conseiller Municipal ; il garde ce poste jusqu’en 1939. Le premier janvier 1930, fidèlement il adresse ses vœux à Madame veuve Suzanne et écrit : "...Non Madame Suzanne jusqu’à présent il n’y a pas lieu de s’inquiéter de la crue de la Seine, il y a chez nous beaucoup de marge et c’est tant mieux, revivre les jours de 1910 n’est point chose enviable, quoique cela ne manquât pas de pittoresque. Pour la peinture, mon Dieu, c’est un fichu métier, on travaille toujours mais hélas sans profit. Le moindre manœuvre présentement gagne plus qu’un peintre... " Sur le plan local, Marcel Niquet surveille de 1929 à 1933 la construction des nouvelles écluses, la navigation ne fut pas interrompue pendant l’édification permettant un trafic important, environ cent navires par jour.

Neige à Poses, huile sur toile, 9.2.1916
Neige à Poses, huile sur toile, 9.2.1916

En 1931 nous le retrouvons à l’Exposition Artistique de la ville de Bernay. Ayant abandonné la Société des Artistes Rouennais, l’artiste va envoyer régulièrement au Salon des Artistes Indépendants à Paris et au Salon des Artistes Normands de 1932 à 1937.

En 1932, pour la 43ème exposition de la Société des Artistes Indépendants qui se déroule au Grand Palais des Champs-Elysées, du 22 janvier au 28 février il envoie deux peintures. Il quitte Poses début 1933 pour la Somme et se rend chez son frère, n’ayant aucun écho de la vie artistique normande. En 1934, il rejoint après les Indépendants le groupe "Les Seize" dont la première exposition a lieu du 30 mai au 12 juin à la salle Legrip et, toujours en juin expose à la Maison du Dessin avec son camarade Alfred Dunet. Dans la revue Artistes et Ecrivains de son ami Raphaël Brault13, on peut lire dans le numéro 20 (4emc année) du 15 juin 1934 : " La peinture de Marcel Niquet, jadis un peu sèche et métallique a évolué ces dernières années vers plus de souplesse, sans rien perdre de ses qualités de sincérité et de dessin" À l’automne 1934, René Dumontier, licencié en Droit, chef de bureau à la préfecture de Rouen, fait paraître LA LEGENDE DES DEUX AMANTS, ouvrage orné de dessins de Raphaël Brault et Marcel Niquet. En tout début d’année, le 3 janvier, Marcel Niquet perd son père.

À la galerie Legrip, il soumet au public rouennais en avril 1936 un très important ensemble de trente toiles. En juin 1936 a lieu à l’Hôtel des ventes de Rouen une importante vente d’œuvres de peintres normands, dont trente Delattre, trente quatre Suzanne (dont la maison de Suzanne à Léry) et cinq Niquet. Les enchères sont modestes car la France connaît de terribles grèves et l’enchère maximum pour Niquet est de 42 F.

Mais c’est surtout la sortie du livre de René Dumontier : POSES MON BEAU VILLAGE, qui est l’événement de l’année pour Marcel Niquet. L’ouvrage comporte cent dessins originaux de A.M. le Petit, R. Brault et M. Niquet. Un des chapitres du livre est consacré au peintre de Poses. A la fin de l’année 1936 il expose douze toiles avec le groupe professionnel "Les Seize". En 1937, pour la vingt-neuvième exposition de la Société des Artistes Normands qui se tient au Musée des Beaux-Arts de Rouen, un panneau d’honneur est occupé par trois sociétaires élus par leurs camarades : Marcel Niquet occupe l’un des trois avec vingt tableaux, une Neige à Poses est aussi reproduite dans le catalogue. La guerre survient et Marcel Niquet se marie le 15 décembre 1941 à Elbeuf avec sa compagne dont le courage et la conscience seront hors pair. Marie Louise Vaillant a permis à son époux durant toute sa vie, de se consacrer exclusivement à son art, car elle travailla aux usines de chaussures Labelle, puis aux Damps, dans une entreprise de conditionnement de flacons.

Le 26 février 1945 est mis en place le nouveau Conseil Municipal dont fait partie le peintre. À la fin de la guerre l’artiste reprend ses envois au Salon des Artistes Rouennais en 1948. Il découvre les Alpes, où il est confronté à l’univers alpin si différent du bord de Seine. En 1950, il se trouve à Saint-Cast. Il fait aussi un séjour sur la Côte d’Azur mais retrouve toujours avec un immense plaisir son Poses natal et ses bords de Seine.

Le 26 février 1953 il est de nouveau élu Conseiller Municipal, poste qu’il va conserver jusqu’en 1959. Il exposera au Musée des Beaux-Arts de Rouen avec la Société des Artistes Rouennais en1951, 1953, 1955, 1956 et 1957, mais également à la Société des Artistes Normands et soumettra un ensemble important de toiles à la galerie Lemonnier en 1958. Son dernier envoi à la Société des Artistes Rouennais se situe en 1962, le peintre a soixante-treize ans. Il continue de peindre jusqu’à ses derniers jours et décède à Poses le 21 décembre 1968 à l’âge de soixante-dix-neuf ans.


La municipalité de POSES a rendu hommage à Marcel NIQUET en donnant notamment son nom au restaurant scolaire ; la plaque commémorative a été dévoilée lors d’une exposition rétrospective en 2005, qui s’est tenue dans le restaurant. Cette exposition a été permise par les prêts de Posiens, car nombre de toiles sont restées dans le village, par l’investissement personnel d’un adjoint, et par l’Association des Amis de l’Ecole de ROUEN. Le vernissage de cette exposition 2005 a donné l’occasion à F. LESPINASSE de revenir sur la vie de Marcel NIQUET. Le texte qui figure sur ce site est très largement inspiré du livre écrit par F. LESPINASSE intitulé : « Marcel NIQUET, 1889 - 1968 - Peintre de POSES » ; il a néanmoins été fortement synthétisé, et nous ne saurions trop vous conseiller de l’acquérir, car, outre que le texte y est beaucoup plus complet que le simple résumé présenté ici, il contient de nombreuses représentations de l’œuvre de Marcel NIQUET. Il est disponible auprès de la mairie de POSES, de la galerie LESPINASSE à ROUEN, ou auprès de l’Association des Amis des Peintres de Rouen, au prix de 15 Euros.

Par ailleurs le livre de René DUMONTIER "POSES,mon beau village" a été réédité et est en vente notamment dans l’épicerie-bar-tabac du village.

Dernière mise à jour : ( 23-06-2008 )
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